L'intelligence émotionnelle, une affaire de dirigeant
Texte écrit en 2023, revu en octobre 2026.
C'est un sujet de cœur, au sens propre, et un chantier qui reste ouvert pour moi, comme homme et comme entrepreneur.
Pendant vingt ans, j'ai subi mes émotions, ou je les ai contrôlées, plus que je ne les ai comprises. Je passais de l'un à l'autre sans trouver d'équilibre durable, et j'en payais le prix en fatigue, en stress et en isolement. C'est le coaching qui m'a fait découvrir l'intelligence émotionnelle. Depuis, c'est un apprentissage qui ne s'arrête pas.
On ne l'apprend pas à l'école, rarement en famille. Le concept a été formulé en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer, puis popularisé en 1995 par Daniel Goleman. Il désigne la capacité à reconnaître, comprendre et réguler ses émotions, et à percevoir celles des autres. Goleman en distingue quatre domaines, que je formule ainsi :
- la conscience de soi : savoir ce que l'on ressent, et comment cela pèse sur ses pensées et ses actes ;
- la régulation : accueillir ses émotions et y répondre selon la situation et l'objectif, plutôt que les nier ou s'y laisser emporter ;
- l'empathie : comprendre ce que vivent les autres ;
- l'intelligence sociale : communiquer, coopérer, résoudre les conflits, entraîner une équipe.
Chez les dirigeants que je coache, cette intelligence change quatre choses. Sous pression, elle évite la panique et laisse place à des décisions réfléchies. Face aux décisions lourdes, elle fait entrer dans le calcul ses propres émotions et celles des autres, au lieu de les laisser décider en silence. Avec une équipe, elle aide à comprendre ce qui motive chacun, et ce qui le bloque. Avec les clients et les partenaires, elle permet de répondre à ce qu'ils vivent, pas seulement à ce qu'ils disent.
Ce n'est pas un don. Cela s'apprend, à tout âge, et c'est souvent par là que commence un travail de coaching.