Le jour d'après, ce que le 8 mars ne dit pas
Texte écrit en mars 2021, revu en octobre 2026.
Depuis plus d'un siècle, le 8 mars est consacré aux droits des femmes et à la dénonciation des inégalités. Le mot dit déjà quelque chose : parler d'inégalité, c'est mesurer un écart à une norme. Et la norme, le plus souvent, reste ce dont les hommes bénéficient.
Je ne remets pas en cause l'égalité. Je me demande s'il n'y a pas une autre façon de regarder la question. Faut-il vraiment que les femmes ressemblent aux hommes pour réussir ?
Ce qui me frappe, quand je coache des femmes à la tête de leur entreprise, c'est l'ampleur de ce qu'elles savent faire bouger : d'autres modèles, d'autres perspectives, d'autres façons de décider. Quand elles osent, aucune inégalité ne semble les arrêter.
Mais certaines ne voient plus ce talent. L'école, l'éducation, le parcours, parfois une relation, leur ont appris à douter. Elles n'osent plus croire à leur projet, à leur façon de faire, et finissent par se plier au modèle dominant, celui qu'on leur a présenté comme la seule manière de diriger.
Je connais ce modèle de l'intérieur. J'ai longtemps été conditionné par lui. J'ai coupé la parole, expliqué à des femmes ce qu'elles savaient déjà, comme tant d'hommes de ma génération. Ce sont des femmes affirmées qui m'ont appris à voir autrement, et à faire évoluer ma propre carte du monde.
Ce que j'aime le plus aujourd'hui, c'est travailler avec ces dirigeantes et leur montrer ce que je vois : le potentiel qu'elles portent et ce qu'elles peuvent en faire, non pour devenir les semblables des hommes, mais pour diriger à leur manière. Quand elles se sentent soutenues et poussées plus loin, elles dépassent leurs peurs et leurs croyances limitantes, découvrent d'autres façons de faire et prennent confiance. Les premiers résultats arrivent vite, et avec eux le plaisir d'oser autre chose.
Les femmes ne manquent ni de compétences, ni de courage, ni de créativité. Et pourtant j'entends trop souvent chez elles le doute, le manque d'estime, la fatigue de devoir prouver. Aider celles qui entreprennent à aller au bout de leur potentiel, c'est ma façon de contribuer à leurs droits, et à un monde plus équilibré.
Une seule journée par an ne suffira pas. Mieux que l'égalité, je défends l'équité : le droit de réussir sans avoir à ressembler au modèle dominant.